La préoccupation sociale et environnementale en matière d’achat est relativement récente. Bien que l’on note de plus en plus l’implication de la RSE dans les stratégies et les valeurs d’entreprise, encore beaucoup  freinent face à cette approche.

FAIT #1 : La RSE comme nouvelle philosophie d’entreprise

Le concept de Responsabilité Sociale (ou Sociétale) des Entreprises (RSE) est apparu en Europe il y a environ 25 ans. Cette philosophie vise à intégrer des responsabilités autres que des obligations légales et économiques dans l’entreprise. On y retrouve des influences culturelles, politiques, humaines, écologiques et d’environnement social. Elle a pour but d’allier la maximisation du profit et le bien-être social. Elle s’intègre également dans la stratégie marketing et managériale d’une entreprise.

FAIT #2 : La RSE agit à tous les niveaux de l’entreprise

La RSE s’inscrit dans la plupart des rouages de l’entreprise : de la gestion des ressources humaines au département marketing en jouant un rôle positif dans le processus d’achat des consommateurs par exemple. Elle influe aussi sur la réputation et l’image que renvoie l’entreprise en lui offrant une certaine légitimité et augmente son attractivité.

D’une part, ce changement apporte de nombreuses opportunités : différenciation vis-à-vis des concurrents, réduction des consommations et donc des coûts, réponse aux enjeux sociaux, amélioration des performances, préservation de l’environnement, … D’ailleurs, on remarque que les achats durables sont de plus en plus répandus.

D’autre part, elle répond à la vigilance croissante des citoyens sur les questions de responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

FAIT #3 : Des normes peuvent guider les entreprises dans leurs efforts

Afin d’aider les entreprises désireuses d’être « responsables », des normes ISO ont été mise en place. L’ISO 26000 est la norme la plus complète en matière de Responsabilité sociétale. Les domaines clés intégrés dans cette directive sont :

  • Les relations et conditions de travail ;
  • L’environnement ;
  • Les bonnes pratiques des affaires ;
  • La gouvernance de l’organisation ;
  • Les droits de l’homme ;
  • Les questions relatives au consommateur ;
  • L’engagement sociétal

On parle alors d’éthique et de développement durable en privilégiant la durabilité des stratégies, l’instauration de système de progrès, la performance dans le domaine environnemental, économique et social.

FAIT #4 : Des freins à la RSE

Cependant, il y a des freins à ce changement de valeur. L’un des principaux freins est le manque de visibilité du retour sur investissement.

Nous avons souhaité interroger les organisations sur leurs pratiques en la matière afin de déterminer leur degré de maturité dans la prise en compte de ces critères sociaux et environnementaux. Les réponses qui nous ont été données montrent que, même s’ils sont de plus en plus présents dans les achats publics, cette démarche est encore à son stade embryonnaire. Nous pouvons d’ailleurs observer cela lorsqu’on leur demande de noter l’impact de ces critères sur le choix des fournisseurs : la majorité des personnes questionnées attribuent des notes comprises entre 2 et 4 sur 10 et nous ont confié que cette incidence est minime. D’ailleurs,  seulement 55 % des « tops managers » identifie la politique RSE comme une source de création de valeur pour l’entreprise. Les acheteurs doivent donc démontrer que celle-ci peut participer à la performance économique et ne se résume pas uniquement à de simples « bonnes actions ».

Certains répondants parlent de « façade » car, pour eux, la dimension sociale et environnementale n’est incluse que pour répondre à des obligations juridiques.

Pour justifier la difficulté à la prendre en compte, beaucoup d’organisations évoquent le problème de « carence en compétences » et de « manque de temps » des services en charge de passer les marchés.

Il est important de souligner que la RSE n’est plus à ce jour un effet de mode, elle est devenue un outil concurrentiel, une force d’entreprise. Malgré tout, elle a toujours du mal à s’intégrer dans beaucoup d’entreprises faute de résultats factuels.

par Timothée Simoens – Marketing Manager