Avec l’accord de Paris signé en 2020, les pays de l’Union européenne se sont donnés comme objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour réaliser cette ambition, il est impératif de s’attaquer aux émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant des activités économiques, y compris les achats publics. Mesurer l’impact environnemental de ces achats est une première étape clé dans cette démarche.

Mesure de l’impact environnemental des achats publics

L’évaluation de l’empreinte carbone des achats publics est une démarche complexe mais indispensable. On distingue trois types d’émissions GES, connues sous les termes de scopes 1, 2 et 3. Si les scopes 1 et 2 portent sur les émissions directes et indirectes liées à la production et à la consommation d’énergie, le scope 3, quant à lui, englobe toutes les autres émissions indirectes, telles que celles liées aux transports, à l’approvisionnement, à l’utilisation et à la fin de vie des produits.

Selon la Carbon Pricing Leadership Coalition, seules environ 20 % des émissions mondiales font l’objet d’un suivi actif, laissant une marge considérable pour des améliorations. À l’échelle de l’UE, réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 est un objectif primordial, ce qui nécessite une action concertée dans tous les secteurs économiques. En effet, près de 40 % des émissions mondiales de GES sont générées ou influencées par les entreprises via leurs achats.

Pour mesurer précisément l’impact environnemental des achats publics, plusieurs méthodologies peuvent être employées :

Bilan carbone

Le bilan carbone, également appelé inventaire des émissions de gaz à effet de serre, est une méthode d’évaluation des émissions de GES générées par une organisation, un produit ou un service sur une période donnée. Elle implique la collecte de données sur la consommation d’énergie, les déplacements, les processus industriels, etc. Une fois recueillies, ces données sont converties en équivalents CO2 pour permettre une comparaison et une analyse des impacts environnementaux.

Analyse du cycle de vie (ACV)

L’analyse du cycle de vie est une méthodologie plus exhaustive qui vise à évaluer l’impact environnemental d’un produit ou d’un service tout au long de son cycle de vie complet, de l’extraction des matières premières à la fin de vie, en passant par la production, la distribution, l’utilisation et le traitement des déchets. L’ACV prend en compte l’ensemble des impacts environnementaux, y compris les émissions de GES, la consommation d’eau, la pollution de l’air et de l’eau , et l’utilisation des ressources naturelles, entre autres. Cette méthode permet d’identifier les étapes les plus émettrices de CO2 et de proposer des alternatives plus durables pour réduire l’empreinte carbone du produit ou du service analysé. 

Coût du cycle de vie (CCV)

Le coût du cycle de vie vise à évaluer l’ensemble des coûts associés à un produit ou à un service tout au long de son cycle de vie, de la conception à la fin de vie. Contrairement à l’ACV qui se concentre principalement sur les impacts environnementaux, le CCV intègre également les coûts économiques, sociaux et environnementaux associés à chaque étape du cycle de vie. Cela inclut les coûts directs tels que le prix d’achat, les coûts d’exploitation et de maintenance, ainsi qu’indirects tels que les coûts de traitement des déchets, les coûts de santé, etc. Cette approche peut aider à prendre des décisions d’achat plus durables en tenant compte des coûts à long terme.

Stratégies pour réduire les émissions des achats publics

Pour réduire efficacement les émissions des achats publics, il est important d’intégrer des critères environnementaux dans les appels d’offres. Sensibiliser et former les responsables des achats publics à ces enjeux constitue un premier pas essentiel. Cela implique d’instaurer une culture d’entreprise axée sur la durabilité, où chaque collaborateur comprend l’impact de ses décisions sur l’environnement et est formé aux meilleures pratiques en matière d’achats responsables.

Par ailleurs, renforcer la collaboration avec les partenaires commerciaux est indispensable. Les entreprises doivent sélectionner des fournisseurs engagés en matière de développement durable et encourager l’innovation en faveur de la réduction des émissions. Les achats responsables ne sont pas seulement un impératif environnemental, mais également une opportunité de renforcer l’efficacité opérationnelle, d’améliorer l’image de marque et de contribuer à la transition vers une économie plus durable.

 

En conclusion, réduire les émissions des achats publics nécessite une approche holistique, intégrant à la fois la mesure précise de l’impact environnemental et la mise en œuvre de stratégies concrètes d’atténuation. En adoptant des pratiques d’achats responsables, les administrations publiques peuvent jouer un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique et la construction d’un avenir plus durable pour tous.

 

Article rédigé par Sarah Expósito Ragaigne, chargée de communication et marketing digital